par Armand Epiney



Ce ......... 1956

Il y a cent ans, le communisme errait, à travers l'Europe, comme un fantôme. Assoiffé de chair et de sang, il dicte aujourd'hui ses lois à une partie du monde.

Sont-elles si belles, les cloches qui tintent de l'autre côté du rideau de fer? Le paradis sur Terre commencerait-il aux confins de Berlin pour s'étendre jusque dans les steppes lointaines et froides de Sibérie? A voir la science de Marx-Engels-Lénine s'infiltrer un peu partout, dans tous les pays d'Occident, le mirage semble faire place à la réalité.

Jetons un coup d'oeil sur la France voisine. Elle qui, jadis si forte, si puissante, s'immobilise aujourd'hui, sous les regards convoiteurs des maîtres de l'URSS. Le marteau et la faucille flottent sur le Palais Bourbon, enveloppant de leur ombre un bon tiers des députés. La situation du communisme en Italie est pareille. Les partisans de Togliatti se chiffrent par millions et les foulards rouges côtoient les cornettes blanches des soeurs de la charité. Pour eux, l'éden ne se trouve pas aux pieds du Vatican mais sous les murs de Moscou. Le bourdon du Kremlin a prévalu!

Séduit par la puissance de l'Etat soviétique, envoûté par le pouvoir du Parti bolchévique, trompé par une propagande alléchante, l'homme qui fait fi de la spiritualité glisse, lentement mais sûrement vers cette idéologie qui exclut toute religion et dont les principes sont de faire de l'homme un dieu. A cet homme, les cloches de la Place rouge semblent belles mais il ne sait pas les camps de concentration et les travaux forcés qu'elles dissimulent. D'ailleurs, des milliers de réfugiés affluent chaque année de ces pays dits "démocratiques" vers nous. Tous ces patriotes russes qui ont une âme profondément russe, qui aiment leur patrie comme nous aimons la nôtre, tous ces gens sont aujourd'hui des apatrides, des "hors-la-loi" parce qu'ils ont voulu échapper à ce régime qu'ils détestaient. Et ne nous disent-ils pas que les cloches qui tintent derrière le rideau de fer ne sont pas aussi belles que d'aucuns voudraient le prétendre?

Certes, les cloches de chez nous ne sont pas toujours harmonieuses. Le travail, dans nos montagnes, est rude et pas toujours suffisamment rétribué. Cependant, nous possédons un bien incomparable: la liberté! Liberté de pensée, liberté de vote, liberté de religion surtout. Elles sont tout de même belles, nos cloches... quand on y réfléchit bien.