Sion, ce 22 novembre 1967
Me voici arrivé au dernier stade de mon
apprentissage commercial. En effet, une demi-année me sépare
de mes examens finaux. Etape très importante pour moi: elle
décidera de mon avenir professionnel.
Vers quelle perspective s'oriente cette échéance
aux conséquences lourdes et multiples?
Me basant sur les efforts fournis durant trois
longues années d'intense et dur labeur, cette épreuve
ne devrait pas m'occasionner de trop grandes préoccupations.
J'ai fourni, dans ce laps de temps, un travail sérieux, constant
et persévérant.
Commencer un apprentissage dans d'autres dispositions
que celles énoncées ci-dessus serait d'ailleurs chose
insensée, d'autant que je suis d'un âge "certain",
père de trois enfants dont l'aîné est âgé
de onze ans.
Et pourtant, que la maladie vienne à contrecarrer
mes projets, elle anéantirait tous mes espoirs! Ou si la
malchance "daignait" par malheur s'y mêler...
Non, je ne puis croire, arrivant si près
du but, qu'un concours funeste de circonstances malheureuses puisse
arrêter la marche où mon être et ma volonté
tendent: la consécration de trois années d'efforts
assidus, de privations parfois, d'abnégation souvent.
Je travaille pour mon avancement certes, mais je
pense davantage encore à mes enfants.