par Mirsal et Pierre

 

- Ho ! Je suis sûr que ce sera nul, cette visite.
- Mais non, tais-toi, peut-être que ce sera cool! s’exclama Julien avec ses gros binocles.
-Ho ! Non, partir avec cette mocheté d’institutrice, c’est une horreur et je ne veux pas y aller ! cria Vincent d’une voix colérique. Ils continuèrent à marcher vers l’école quand Vincent se fit un croche- pied et tomba la tête première dans une crotte de chien. Il s’énerva et envoya un coup de pied à son copain.
-Ha! Ha ! Ha ! rit Julien, elle était belle celle-ci.
Peu après, ils trouvèrent une fontaine où Julien se lava le visage. Ils entrèrent en classe. Les enfants préparèrent la visite de la cathédrale St-Loick. Le bus les attendait à 9h00 à la Plaine Bellevue. Dans le car, les deux gamins embêtèrent les filles et se firent punir.

 

 

Arrivés à destination, ils rentrèrent dans la cathédrale et admirèrent les vitraux. Vincent trouvait la maîtresse agaçante avec ses explications. Lui, ce qu’il préférait, c’était s’amuser avec la cire chaude des cierges parce que rien ne l’intéressait. Julien le regardait jouer comme un gamin. Vincent finit par faire tomber une bougie.
Julien se retourna et murmura à Vincent :
- Pourquoi tu as fait ça, espèce de maladroit?
- Tais-toi ! Viens plutôt m’aider, suggéra Vincent.
Heureusement que les autres étaient très attentifs aux explications et ne virent pas les deux coquins en train de gratter le parterre avec leurs ongles. Quand ils eurent presque fini de réparer la bêtise, Vincent gratta une dernière fois et la dalle se mit à bouger! Ils remarquèrent qu’elle s’ouvrait sur un passage secret. Ils y jetèrent un coup d’œil et refermèrent avec la même pierre. Ils rejoignirent ensuite les autres pour pique-niquer. Julien n’avait presque jamais faim et était mince comme un crayon mais avec de la force dans les bras. Ses yeux étaient verts en amande et il avait des cheveux ébène. Vincent, lui, avait plein de boutons sur la figure et un nez grec. Sa voix était forte.

 

A la fin de la visite, ils durent prendre l’autobus.
Vincent interrogea son copain :
- Qu’est-ce que tu penses qu’il y a dans cette grotte ?
- Je ne sais pas, il faudrait y aller à vélo après l’école, répondit Julien en regardant ses biceps. Vers cinq heures, cinq heures et demie, ils se dépêchèrent d’avancer en direction de l’église. Mais sur le chemin, Julien dérapa et dérailla. Il déchira son pull noir.

Arrivés enfin à la chapelle, il y entrèrent en ouvrant la porte discrètement. Malheureusement, la porte grinça et les deux amis virent quelqu’un à l’intérieur qui se leva et courut dans leur direction. Ils se cachèrent derrière un banc pour attendre que l’homme parte. Ce dernier sortit et referma la porte à clé.
Il faisait tout noir : ils sortirent leur lampe de poche.
- Zut, elle ne fonctionne pas, constata Julien. On devra essayer de trouver le passage dans l’obscurité.
Ils cognaient les murs et découvrirent les bougies : le passage était là.
Ils tâtèrent les dalles. C’est Vincent qui découvrit l’ouverture. La dalle d’entrée du souterrain était poussée.

Ils rentrèrent dans la caverne tout apeurés. Vincent fit le premier pas, mais voulut directement ressortir. Julien, par contre, était persuadé que c’était intéressant de s’engager dans un endroit mystérieux. Il avança, donc, en tirant son copain par ses oreilles décollées. Il pensait trouver des escaliers.
Les garçons tâtonnèrent partout, mais ils n’en trouvèrent pas. Ils descendirent la petite pente. Soudain, ils cognèrent contre un mur et sentirent des choses bouger dessus.
- Des mygales, songea Vincent terrifié.
Une odeur nauséabonde leur sauta au nez. Plus les deux enfants marchaient, plus l’odeur empestait. Soudain, ils tombèrent et cognèrent contre quelque chose de dur qui semblait être une table basse comme celle des salons. Au même moment, les deux compagnons entendirent un bruit d’assiettes qui se cassaient. Heureusement, ils n’eurent rien. Julien en se relevant mit la main dans un plat et commença à manger son contenu tellement il avait faim. Cela ressemblait à de la boue. Julien recracha tout ce qu’il avait dans la bouche. Pour la rincer, il avala une boisson qui se trouvait dans un verre à côté. Il voulut en prendre une autre pour enlever le goût. Ses yeux s’étaient habitués à l’obscurité et il distingua de petites bestioles dans le verre. Il le jeta, prit ses jambes à son cou et monta des marches. Dans sa course, Julien percuta quelque chose de solide et s’évanouit. Quelques secondes plus tard, le maigrichon s’éveilla puis pensa en se touchant la tête :
-Cela devait être une poutre! Où est mon copain ?

 

Pendant ce temps, Vincent avait cherché une issue de l’autre côté de la pièce. Il avait entendu les craquements et les gémissements. Il embrassa son œuf fétiche et s’exclama :
- Maintenant, je me mets à la recherche de mon ami! S’il était “fluo” comme une luciole, je le distinguerais plus facilement.
Il courut vers les bruits et trébucha sur un objet non identifié. Il le ramassa, sentit un bouton et pressa dessus. Une lumière vint et il remarqua que c’était une lampe de poche. Le maladroit monta des escaliers. Il sentit du parfum et se souvint que Julien mettait beaucoup de déodorant, alors il suivit sa trace. Au moment où ils se retrouvèrent, la lampe de poche s’éteignit.

Ils virent aussitôt une faible lumière qui venait d’une porte entrouverte. Julien qui était curieux regarda par l’interstice.
Vincent qui tremblait murmura à son ami :
-Cette salle doit être abandonnée depuis des années.
-C’est même pire, c’est indéfinissable.
Tout à coup, Vincent tomba en se penchant trop et ouvrit la porte. Une vrille de peur lui traversa la poitrine, car il crut qu’il y avait quelqu’un. Ils eurent de la chance, personne n’était là. Ils aperçurent une salle foncée, lugubre et l’atmosphère était froide. Ils ne voyaient presque rien, mais un bruit troublant les fit sursauter. Ils s’approchèrent du bruit tout angoissés.
Julien perçut une lumière qui clignotait, sa langue se noua, sa gorge était tout sèche.
Vincent souffla à Julien :
-Ne t’approche pas trop de cette lumière.
-C’est bon Vincent, arrête de frissonner, ce n’est qu’un ordinateur sur un bureau.
Quand il bougea la souris, l’écran s’alluma. Grâce à la lumière, Vincent vit des lézardes sur le mur et des taches grisâtres. Il aperçut également une deuxième porte détruite.
Julien toucha une poignée et la tira. Un grincement les figea et leur sang se glaça. Leur respiration était rapide. Il comprit que ce n’était qu’un tiroir. Julien mit la main à l’intérieur et toucha un objet mystérieux qui semblait être un revolver. Il cria d’une voix aiguë comme celle d’une femme.

 

De l’autre côté de la porte, les brigands entendirent un sifflement, une sorte de voix agaçante. Ils crurent qu’il s’agissait d’une chauve-souris. Vincent murmura à son copain de ne plus crier pour que personne ne les entende.

Ils continuèrent à fouiller et trouvèrent un plan qui devait servir à cambrioler une bijouterie. Ils s’avancèrent à petits pas vers l’entrée de la porte enfoncée. Le maladroit regarda au travers d’une fissure et distingua des silhouettes. Il sursauta et poussa la porte sans faire exprès. Ils coururent se cacher derrière la table pour se protéger. Leurs mains tremblaient et Julien susurra à son compagnon de ne pas respirer trop fort.
Après quelques secondes, croyant qu’il n’y avait plus personne, ils levèrent leur tête au-dessus de la table. Soudain, un méchant s’avança devant eux. Ils baissèrent la tête. Leur cœur s’arrêta brusquement de battre. L’homme ne les vit pas.

Après qu’il soit parti, les enfants retournèrent près de la porte pour savoir qui étaient ces hommes. Au même moment, la lumière refléta l’ombre de Vincent sur le mur. Un des gorilles la vit et envoya un filet sur les gamins. A ce moment-là, les jeunes virent leur petite vie défiler devant leurs yeux.

Les bandits poussèrent les gamins dans l’autre pièce. Croyant être tranquilles, les hommes partirent chercher des informations sur l’ordinateur.
Pendant ce temps, avec le couteau, les deux garçons coupèrent le filet finement pour le garder en assez bon état. Puis, ils étendirent une corde au sol et mirent le filet en face de celle-ci. Julien qui était courageux alla chercher une des deux crapules. Il se mit devant le bandit, se retourna et courut. Il créa, en fait, une diversion pour attirer le méchant dans le piège. Puis, Julien fit un raclement de la gorge pour alerter Vincent. Celui-ci qui avait entendu le signal de son ami tendit la corde. Julien sauta pour l’éviter, mais l’autre se prit les pieds dans le cordon et s’assomma en tombant. Il restait le deuxième qui avait entendu des bruits étranges et effrayants. Il alla voir ce qui se passait et Julien refit le même scénario.

Les deux garçons prirent la corde et le filet et emballèrent les bandits, les attachèrent et les surveillèrent. Les gredins étaient fiers de leur travail. Tout à coup, ils virent quelque chose dépasser de la poche d’un des hommes. Ils goûtèrent et découvrirent que c’étaient des Ricolas.


Ils trouvèrent un téléphone sous une pile de livres poussiéreux. Les deux jeunes firent le
numéro de la police : le 117 et expliquèrent le lieu où ils étaient et l’endroit du passage secret.
Une fois que les policiers furent arrivés, les enfants leur montrèrent le plan du cambriolage et
le pistolet.

Les journalistes posèrent des tas de questions aux deux héros comme :
« Comment étaient-ils entrés dans la passage souterrain ? Comment l’avaient- ils découvert ? Comment avaient-ils lutté contre les bandits ? »

Par après, ils rentrèrent à la maison avec 3 heures de retard. Ils racontèrent leur grande
aventure, mais ils se firent gronder car leurs parents ne crurent pas à leur histoire.
Mais le lendemain, les parents virent dans le journal que les fils avaient dit la vérité. Et
depuis ce jour, beaucoup de personnes demandèrent des autographes à ces deux jeunes héros.

Mirsal et Pierre