par Simon et Damien

 

 

- Oh non! s’exclama Frank de sa voix rauque en se frappant la tête, le bateau vient de tomber en panne. Espèce d’andouille, tu as encore oublié de remplir le réservoir!
- Ce n’est pas de ma faute, tu aurais dû me prévenir que le réservoir était à sec, riposta Joe en essuyant la sueur qui commençait à perler sur son front boutonneux.
Frank et Joe, deux archéologues d’une trentaine d’années étaient partis, pour les îles Caraïbes, explorer un château.

Joe qui était grand et maigre proposa :

- Prenons le canot de sauvetage et regagnons la rive avec toutes nos affaires, car il est déjà sept heures.

- D’accord, approuva Frank à contrecœur; pour une fois que tu as une bonne idée!
- Ah ah ah, tu es trop marrant ! se moqua Joe avec son sourire narquois. Mais rira bien qui rira le dernier!


Le canot dérivait gentiment et ce n’est qu’à huit heures qu’il toucha la rive. Ils se dépêchèrent de souper car la nuit tombait vite. Au moment de planter leur tente, ils n’étaient pas d’accord sur l’emplacement. Frank, qui ne se séparait jamais de sa chaînette en or, voulait la monter dans les ruines du château, tandis que Joe, lui, souhaitait garder le bateau en vue car, disait-il, il avait coûté trop cher pour le laisser sans surveillance. Finalement, ils se séparèrent et chacun alla de son côté.

Pendant la nuit, vers trois heures du matin, deux hommes s’emparèrent de Frank. Celui-ci essaya de crier, mais on lui banda la bouche et on l’assomma.
Le lendemain, lorsqu'il était près de cinq heures du matin, Joe revêtit rapidement son short et sa petite chemise pour aller proposer à Frank l'exploration du château. Mais lorsqu’il arriva à la tente de son ami, il dut vite courir au bateau pour y chercher son déodorant, tant la tente de son ami sentait une mauvaise odeur. Tout en sprayant la tente, il annonça en se bouchant le nez :

- Qu’est-ce que tu as fait cette nuit? Ca pue ici !


En guise de réponse, deux putois sortirent du sac de couchage de Frank. Joe comprit alors que son ami s’était fait enlever. Il partit tout de suite à sa recherche.
A cet instant, Frank qui était dans le donjon se réveilla. Il constata que son t-shirt était maculé de sang. Les deux brigands discutaient ensemble. Il profita de ce moment pour aller discrètement à l’une des fenêtres du donjon. Il enleva sa chaînette et la jeta en espérant que son ami la trouve.

De son côté, Joe qui fouillait les alentours de la tente découvrit des taches de sang. Il les suivit et aboutit à la chaînette de Frank qui se trouvait devant la porte en bois du donjon. Heureusement la porte était ouverte. Il entra mais il faisait trop noir.

Alors il prit sa lampe de poche et il revint. Une fois dans le donjon, il gravit quelques marches. Soudain, il trébucha contre une pierre et roula au bas des escaliers. Sa lampe se cassa et il dut remonter à tâtons jusqu'à une porte. Il tourna la poignée et…

Joe marcha sur quelques cigarettes et se heurta à une chaise renversée. Alors il pensa :

- Il y a dû avoir une une lutte ici et, en plus, ça sent comme le poisson pourri, ça me donne la chair de poule.

Une petite fenêtre éclairait faiblement la chambre. Il distingua un lit et s’en approcha.

- Aaahhh ! s’égosilla Joe en distinguant distinguant un cadavre décapité.

Il s’écarta avec dégoût et heurta le coin d’un bureau où il reconnut des déclarations d’impôts répandues un peu partout. Il essaya de s’asseoir sur une chaise qui se brisa sous son poids. Un instant, il observa la pièce et vit des chaises à moitié rongées par les vers. Il y avait aussi des armoires en bois ainsi qu’un vase avec des fleurs séchées sur une table de nuit ; c’est tout ce qu’il put voir grâce à la lumière qui filtrait de la petite fenêtre. Joe, qui avait perdu tout sens de l’orientation, s’avança en tâtant avec son pied pour s’assurer qu’il n’y avait pas de trou ; il percuta encore une étagère surchargée de livres poussiéreux : une bibliothèque sans aucun doute. En se dirigeant vers le fond de la pièce, il marcha sur son lacet et tomba dans une bassine. Lorsqu’il se releva, il frôla un interrupteur et crut que c’était celui de la lumière. Il appuya : un jet de douche jaillit.

- Aaahhh ! cria Joe qui craignit que c’était du gaz toxique.

Il fut rassuré par la sensation de l’humidité. Il entendit des gouttes d’eau qui tombaient sur quelque chose de métallique. Il se dirigea vers la source du bruit qui émanait d’une pièce voisine. Il entra dans la pièce et en palpa les murs. Joe sembla reconnaître un miroir, des toilettes et un lavabo. Quand il ressortit, il aperçut de la lumière à travers le trou de la serrure de la porte d’entrée. Il se dirigea vers cette lumière, mais il se cogna à une table : En

- Tiens, une inscription gravée au couteau, murmura-t-il, essayons de la déchiffrer… Ah ! J’y suis... « Au secours !fr »

- « Fr » comme Frank, chuchota Joe. Les malfaiteurs ont dû le poser sur cette table. Heureusement que Frank avait son couteau. Bon, je vais chercher ailleurs…


Il continua à gravir les marches de l’escalier qui lui semblait interminable. Soudain, une porte se dressa devant lui. Il essaya de l’ouvrir, mais ses mains tremblaient si fort qu’il ne parvint pas tout de suite à tourner la poignée.
Lorsqu’il réussit enfin à pousser la porte, Joe se retrouva tout en haut de la tour, il soupira :
- Ouf ! Enfin sorti de ce trou noir ! Mais Frank n’est toujours pas ici.

De la brume flottait dans l’atmosphère. Tout à coup, un hululement de hibou se fit entendre. Joe sursauta et sentit son sang se glacer. Il se retourna et redescendit l’escalier marche après marche en faisant le moins de bruit possible.
Son cœur battait la chamade, il ne savait pas ce qui l’attendait en bas. Là, il constata, à sa grande surprise, qu’il n’y avait personne. Désespéré, Joe chuchota :
- Je n’ai pas trouvé mon coéquipier. Je pense qu’il n’est pas dans ce donjon.
En se dirigeant vers la porte, il trébucha sur un anneau de fer. Il se releva, s’en approcha et murmura :
- Je n’avais pas remarqué cet anneau. Je vais essayer de le soulever.
C’était une trappe. Il l’ouvrit : des chauves-souris lui sautèrent à la figure en voulant fuir ce coin sinistre. Joe remarqua une petite échelle. Il descendit : les échelons grinçaient sous le poids de notre aventurier.
- Aaaaaaahhhhhhh! hurla Joe.
Une marche venait de se briser. Il perçut une voix qui disait :
- Tu n’as pas entendu quelqu’un crier. Je suis sûr que ça provenait de là-bas. Viens ! On va vérifier…
Joe entendit des bruits de pas qui venaient vers lui. Une terrible peur traversa sa poitrine. Mais, une deuxième voix s’exprima :
- Non, je te parie cinq cents grammes de drogue que tu t’es trompé.
- Ne perdons pas de temps, allons voir notre prisonnier.
Joe pensa :
- Ouf ! Je l’ai échappé belle. Ils retiennent Frank, c’est sûr. Je vais les suivre.


Il marcha un moment avant d’aboutir dans un hall. Il y avait beaucoup de portes. Joe ne savait pas où son ami était retenu. Il regarda à travers les barreaux et aperçut des cadavres. Il arriva à la dernière porte et distingua les bandits.
Joe réfléchit longuement à comment attirer les deux hommes hors de portée de Frank. Une idée lui traversa l’esprit. Il saisit une pierre qu’il jeta un peu plus loin que les malfaiteurs. Le premier homme s’écria :
- Qu’est-ce que c’est ?... Qui est là ?... Viens, allons voir ce que c’est !
Joe profita de leur inattention pour saisir un morceau de bâton et les assommer d’un violent coup à la tête. Il délivra Frank et utilisa la corde qui servait à attacher son compagnon pour les ligoter. Ils traînèrent les dealers jusqu’à leur canot de sauvetage et les embarquèrent.
- Appelons la brigade des mers avec notre radio pour qu’ils emprisonnent ces hommes, proposa Frank. Je suis content que ce soit fini.
- Tu ne crois pas si bien dire, ils ont cassé notre radio, répondit Joe déçu.
- Ils ne nous restent plus qu’à les ramener au poste de police le plus proche.
Joe approuva :
- Je suis entièrement d’accord avec toi. Merci de m’avoir délivré ! Faisons la paix et n’en parlons plus.

Pendant ce temps, un des méchants murmura à l’oreille de l’autre que nos héros avaient oublié de les fouiller et qu’il lui restait son couteau. Il détacha son copain et tous deux s’emparèrent de Frank et Joe. Ils les balancèrent à l’eau …

 

Je me réveillais en sursaut…
Mon pyjama était mouillé de sueur. Ce cauchemar était le plus horrible de tous les cauchemars que j’avais déjà faits. Je mis quelques minutes à me calmer.
Je me présente : je m’appelle Jeanne (mais, tous mes copains me surnomment Jeannette) et j’ai dix ans. Je viens de rêver toute cette histoire. Pour vous, je veux bien la terminer :

Tandis que le bateau des bandits démarrait, nos héros réussirent à s’agripper à une corde qui flottait derrière le bateau. Lentement, ils se rapprochèrent de la coque. Et lorsque l’un des malfrats se pencha, Joe le tira dans l’eau. Celui-ci commença à hurler tandis que le bateau s’éloignait de lui. Et lorsque l’autre malfrat s’approcha du moteur….il se retrouva projeté par-dessus bord, comme son ami !
Nos deux amis grimpèrent à bord. Ils dévièrent le bateau afin de repêcher les deux hommes. Ils s’occupèrent d’abord du malfaiteur le plus proche, le hissèrent et le ligotèrent. Ensuite, ils firent de même avec le second qu’ils livrèrent à la police. Ils reçurent ainsi, une prime de mille dollars….avec laquelle ils allèrent aux Bahamas passer des vacances bien méritées !



Damien et Simon