- Oh non! s’exclama Frank de sa voix rauque en se frappant
la tête, le bateau vient de tomber en panne. Espèce
d’andouille, tu as encore oublié de remplir le réservoir!
- Ce n’est pas de ma faute, tu aurais dû me prévenir
que le réservoir était à sec, riposta Joe en
essuyant la sueur qui commençait à perler sur son
front boutonneux.
Frank et Joe, deux archéologues d’une trentaine d’années
étaient partis, pour les îles Caraïbes, explorer
un château.
Joe qui était grand et maigre proposa :
- Prenons le canot de sauvetage et regagnons la rive avec toutes
nos affaires, car il est déjà sept heures.
- D’accord, approuva Frank à contrecœur; pour une
fois que tu as une bonne idée!
- Ah ah ah, tu es trop marrant ! se moqua Joe avec son sourire narquois.
Mais rira bien qui rira le dernier!

Le canot dérivait gentiment et ce n’est qu’à
huit heures qu’il toucha la rive. Ils se dépêchèrent
de souper car la nuit tombait vite. Au moment de planter leur tente,
ils n’étaient pas d’accord sur l’emplacement.
Frank, qui ne se séparait jamais de sa chaînette en or,
voulait la monter dans les ruines du château, tandis que Joe,
lui, souhaitait garder le bateau en vue car, disait-il, il avait coûté
trop cher pour le laisser sans surveillance. Finalement, ils se séparèrent
et chacun alla de son côté.
Pendant la nuit, vers trois heures du matin, deux hommes s’emparèrent
de Frank. Celui-ci essaya de crier, mais on lui banda la bouche et
on l’assomma.
Le lendemain, lorsqu'il était près de cinq heures du
matin, Joe revêtit rapidement son short et sa petite chemise
pour aller proposer à Frank l'exploration du château.
Mais lorsqu’il arriva à la tente de son ami, il dut vite
courir au bateau pour y chercher son déodorant, tant la tente
de son ami sentait une mauvaise odeur. Tout en sprayant la tente,
il annonça en se bouchant le nez :
- Qu’est-ce que tu as fait cette nuit? Ca pue ici !

En guise de réponse, deux putois sortirent
du sac de couchage de Frank. Joe comprit alors que son ami s’était
fait enlever. Il partit tout de suite à sa recherche.
A cet instant, Frank qui était dans le donjon se réveilla.
Il constata que son t-shirt était maculé de sang. Les
deux brigands discutaient ensemble. Il profita de ce moment pour aller
discrètement à l’une des fenêtres du donjon.
Il enleva sa chaînette et la jeta en espérant que son
ami la trouve.
De son côté, Joe qui fouillait les alentours
de la tente découvrit des taches de sang. Il les suivit et
aboutit à la chaînette de Frank qui se trouvait devant
la porte en bois du donjon. Heureusement la porte était ouverte.
Il entra mais il faisait trop noir.
Alors il prit sa lampe de poche et il revint. Une
fois dans le donjon, il gravit quelques marches. Soudain, il trébucha
contre une pierre et roula au bas des escaliers. Sa lampe se cassa
et il dut remonter à tâtons jusqu'à une porte.
Il tourna la poignée et…
Joe marcha sur quelques cigarettes et se heurta à
une chaise renversée. Alors il pensa :
- Il y a dû avoir une une lutte ici et, en
plus, ça sent comme le poisson pourri, ça me donne la
chair de poule.
Une petite fenêtre éclairait faiblement
la chambre. Il distingua un lit et s’en approcha.
- Aaahhh ! s’égosilla Joe en distinguant
distinguant un cadavre décapité.
Il s’écarta avec dégoût
et heurta le coin d’un bureau où il reconnut des déclarations
d’impôts répandues un peu partout. Il essaya de
s’asseoir sur une chaise qui se brisa sous son poids. Un instant,
il observa la pièce et vit des chaises à moitié
rongées par les vers. Il y avait aussi des armoires en bois
ainsi qu’un vase avec des fleurs séchées sur une
table de nuit ; c’est tout ce qu’il put voir grâce
à la lumière qui filtrait de la petite fenêtre.
Joe, qui avait perdu tout sens de l’orientation, s’avança
en tâtant avec son pied pour s’assurer qu’il n’y
avait pas de trou ; il percuta encore une étagère surchargée
de livres poussiéreux : une bibliothèque sans aucun
doute. En se dirigeant vers le fond de la pièce, il marcha
sur son lacet et tomba dans une bassine. Lorsqu’il se releva,
il frôla un interrupteur et crut que c’était celui
de la lumière. Il appuya : un jet de douche jaillit.
- Aaahhh ! cria Joe qui craignit que c’était
du gaz toxique.
Il fut rassuré par la sensation de l’humidité.
Il entendit des gouttes d’eau qui tombaient sur quelque chose
de métallique. Il se dirigea vers la source du bruit qui émanait
d’une pièce voisine. Il entra dans la pièce et
en palpa les murs. Joe sembla reconnaître un miroir, des toilettes
et un lavabo. Quand il ressortit, il aperçut de la lumière
à travers le trou de la serrure de la porte d’entrée.
Il se dirigea vers cette lumière, mais il se cogna à
une table : En
- Tiens, une inscription gravée au couteau,
murmura-t-il, essayons de la déchiffrer… Ah ! J’y
suis... « Au secours !fr »
- « Fr » comme Frank, chuchota Joe. Les
malfaiteurs ont dû le poser sur cette table. Heureusement que
Frank avait son couteau. Bon, je vais chercher ailleurs…
Il continua à gravir les marches de l’escalier qui lui
semblait interminable. Soudain, une porte se dressa devant lui. Il
essaya de l’ouvrir, mais ses mains tremblaient si fort qu’il
ne parvint pas tout de suite à tourner la poignée.
Lorsqu’il réussit enfin à pousser la porte, Joe
se retrouva tout en haut de la tour, il soupira :
- Ouf ! Enfin sorti de ce trou noir ! Mais Frank n’est toujours
pas ici.
De la brume flottait dans l’atmosphère.
Tout à coup, un hululement de hibou se fit entendre. Joe sursauta
et sentit son sang se glacer. Il se retourna et redescendit l’escalier
marche après marche en faisant le moins de bruit possible.
Son cœur battait la chamade, il ne savait pas ce qui l’attendait
en bas. Là, il constata, à sa grande surprise, qu’il
n’y avait personne. Désespéré, Joe chuchota
:
- Je n’ai pas trouvé mon coéquipier. Je pense
qu’il n’est pas dans ce donjon.
En se dirigeant vers la porte, il trébucha sur un anneau de
fer. Il se releva, s’en approcha et murmura :
- Je n’avais pas remarqué cet anneau. Je vais essayer
de le soulever.
C’était une trappe. Il l’ouvrit : des chauves-souris
lui sautèrent à la figure en voulant fuir ce coin sinistre.
Joe remarqua une petite échelle. Il descendit : les échelons
grinçaient sous le poids de notre aventurier.
- Aaaaaaahhhhhhh! hurla Joe.
Une marche venait de se briser. Il perçut une voix qui disait
:
- Tu n’as pas entendu quelqu’un crier. Je suis sûr
que ça provenait de là-bas. Viens ! On va vérifier…
Joe entendit des bruits de pas qui venaient vers lui. Une terrible
peur traversa sa poitrine. Mais, une deuxième voix s’exprima
:
- Non, je te parie cinq cents grammes de drogue que tu t’es
trompé.
- Ne perdons pas de temps, allons voir notre prisonnier.
Joe pensa :
- Ouf ! Je l’ai échappé belle. Ils retiennent
Frank, c’est sûr. Je vais les suivre.
Il marcha un moment avant d’aboutir dans un hall. Il y avait
beaucoup de portes. Joe ne savait pas où son ami était
retenu. Il regarda à travers les barreaux et aperçut
des cadavres. Il arriva à la dernière porte et distingua
les bandits.
Joe réfléchit longuement à comment attirer les
deux hommes hors de portée de Frank. Une idée lui traversa
l’esprit. Il saisit une pierre qu’il jeta un peu plus
loin que les malfaiteurs. Le premier homme s’écria :
- Qu’est-ce que c’est ?... Qui est là ?... Viens,
allons voir ce que c’est !
Joe profita de leur inattention pour saisir un morceau de bâton
et les assommer d’un violent coup à la tête. Il
délivra Frank et utilisa la corde qui servait à attacher
son compagnon pour les ligoter. Ils traînèrent les dealers
jusqu’à leur canot de sauvetage et les embarquèrent.
- Appelons la brigade des mers avec notre radio pour qu’ils
emprisonnent ces hommes, proposa Frank. Je suis content que ce soit
fini.
- Tu ne crois pas si bien dire, ils ont cassé notre radio,
répondit Joe déçu.
- Ils ne nous restent plus qu’à les ramener au poste
de police le plus proche.
Joe approuva :
- Je suis entièrement d’accord avec toi. Merci de m’avoir
délivré ! Faisons la paix et n’en parlons plus.
Pendant ce temps, un des méchants murmura
à l’oreille de l’autre que nos héros avaient
oublié de les fouiller et qu’il lui restait son couteau.
Il détacha son copain et tous deux s’emparèrent
de Frank et Joe. Ils les balancèrent à l’eau …
Je me réveillais en sursaut…
Mon pyjama était mouillé de sueur. Ce cauchemar était
le plus horrible de tous les cauchemars que j’avais déjà
faits. Je mis quelques minutes à me calmer.
Je me présente : je m’appelle Jeanne (mais, tous mes
copains me surnomment Jeannette) et j’ai dix ans. Je viens de
rêver toute cette histoire. Pour vous, je veux bien la terminer
:
Tandis que le bateau des bandits démarrait,
nos héros réussirent à s’agripper à
une corde qui flottait derrière le bateau. Lentement, ils se
rapprochèrent de la coque. Et lorsque l’un des malfrats
se pencha, Joe le tira dans l’eau. Celui-ci commença
à hurler tandis que le bateau s’éloignait de lui.
Et lorsque l’autre malfrat s’approcha du moteur….il
se retrouva projeté par-dessus bord, comme son ami !
Nos deux amis grimpèrent à bord. Ils dévièrent
le bateau afin de repêcher les deux hommes. Ils s’occupèrent
d’abord du malfaiteur le plus proche, le hissèrent et
le ligotèrent. Ensuite, ils firent de même avec le second
qu’ils livrèrent à la police. Ils reçurent
ainsi, une prime de mille dollars….avec laquelle ils allèrent
aux Bahamas passer des vacances bien méritées !
Damien et Simon