par Alicia


 

 

- Eh, attrape, banane ! T’es hyper maladroit !
Ce cri était adressé à un jeune garçon prénommé Sylvain. La balle que lui avait lancée sa sœur avait passé au-dessus de sa tête. Quand Sylvain eut conscience de ce qui était arrivé, il émit un faible grognement et renvoya la balle à sa sœur.
- Tu aurais pu faire attention, Lucie ! fit remarquer Sylvain en sortant de l’eau. J’arrête de jouer, je suis fatigué.
Bien qu’âgé de douze ans, Sylvain était un vrai loir. Sa petite sœur Lucie, était, au contraire, incapable de dormir plus de six heures d’affilée. Physiquement, ils se ressemblaient pourtant beaucoup. Ils avaient les mêmes cheveux noirs de jais, sauf que Lucie les avait longs, le plus souvent tressés.

- Sylvain ! Tu as dormi quatorze heures de suite, tu ne peux pas être fatigué ! Viens nager !

Après avoir réfléchi un moment, elle ajouta :

- Est-ce que ce ne serait pas ce bout de tissu qui te préoccupe tant ?

- Oui, c’est vrai, admit-il en ébouriffant ses cheveux coupés en brosse. N’empêche que c’est bizarre : j’ai l’impression que l’individu qui nous l’a remis veut qu’on élucide son mystère, s’il y en a un. Tu en penses quoi ?
Lucie approuva en haussant ses larges épaules.
Ecoute ! C’est louche tout ça ! Mais tu ne vas tout de même pas gâcher nos superbes vacances à Nice ! soupira-t-elle.

Nous ne sommes pas en vacances, idiote ! Nous ne restons qu’un jour ici. Ce soir, nous serons à Genève !

Attends, tu n’es pas en train de me dire que nous partons dans quelques heures !

Sylvain approuva et, en voyant l’air maussade de sa sœur, éclata de rire.
Le restant de l’après-midi se termina en une superbe partie de volley.

A six heures, Sylvain poussa un cri et se lamenta :

- Maman nous avait demandé d’être prêts à six heures et demie. Or, il ne nous reste plus qu’une demi-heure pour sortir de l’eau, prendre notre douche et préparer nos valises !

Dès que nous arriverons chez tante Nicole, nous la questionnerons sur l’individu.

En effet, le jour précédent, un homme avec une barbe leur avait demandé de découvrir la signification d’une carte dessinée sur un bout de tissu. Elle était à moitié déchirée et portait des signes indéchiffrables.

- Et tu crois qu’on arrivera à déchiffrer ça ? le questionna Lucie, ironique.

Sylvain ne répondit pas et se dépêcha de faire sa valise.

Ils arrivèrent juste à temps pour l’avion et décollèrent en direction de Genève.

Arrivés sur place, Sylvain et Lucie rencontrèrent leur tante Nicole et leur cousin Fabien. Ils s’engouffrèrent dans la voiture et prirent le chemin de la maison de leur tante.
Après une demi-heure de voiture, ils arrivèrent et Sylvain et Lucie allèrent se dégourdir les jambes. Lucie disparut un moment et revint le sourire aux lèvres.

- Sylvain, donne-moi le bout de tissu ! ordonna-t-elle.
Il obéit et vit sa sœur superposer un papier transparent sur le parchemin.
- Qu’est-ce qu’il y a ? voulut-il savoir ?


Lucie allait répondre lorsqu’un cri déchira le ciel. Un cri mélangé d’horreur et de douleur, un cri qui aurait fait peur aux plus courageux.
Ils coururent voir qui avait crié et se trouvèrent face à un homme grand, musclé, au visage hideux et couvert de cicatrices qui tenait leur tante à bout de bras.

Dès qu’il les vit, il lâcha leur tante qui s’écroula. Il empoigna les enfants. Ensuite, il les traîna jusqu’à une voiture noire qui attendait au bord du trottoir. Une femme maigre, au visage crispé, tenait le volant.

L’homme les jeta dans la voiture sans aucun ménagement. Puis, il poussa sa complice hors de la voiture et s’assit au volant. Il conduisit longtemps et, au bout de deux heures, s’arrêta devant une petite cabane. Il les mena au grenier, les abandonna et ferma la porte. Sylvain sortit de sa poche une fine barre de fer qu’il glissa dans la serrure. Ils entendirent un déclic et purent enfin sortirent à l’air libre.

 

Lucie proposa :
- Et si on faisait du stop ?
Sylvain approuva et leva le pouce. Une Mercedes rouge s’arrêta et Lucie dévisagea le conducteur. Il avait l’air très sympa. Elle demanda :

- Pouvez-vous nous amener au poste de police ?

Le conducteur approuva et les amena.


Arrivée là-bas, Lucie vit la voiture de ses parents et celle de sa tante. Le commissaire s’approcha d’eux, suivi de deux policiers qui tenaient… le kidnappeur et sa complice !

Peu après votre enlèvement, cette jeune femme, la mère de votre amie Nouschka, est venue tout avouer.
Lucie avait parlé à Nouschka de votre découverte et elle l’a dit à sa mère. Celle-ci, croyant qu’il s’agissait d’un trésor enterré a demandé à sa fille de vous le prendre.

Nouschka a refusé. Sa mère s’en est alors chargée toute seule. Elle a engagé votre kidnappeur et il l’a trahie. Vu qu’elle a avoué, le juge sera plus clément avec elle.

Dans la voiture qui les emmenait en Valais, à Sierre, Lucie dit à son frère :

- C’est moi qui ai fait le parchemin et le papier transparent.
C’était écrit :
T’es tombé dans le panneau !
- Je le savais, mais je te l’ai pas dit.

- C’est pas vrai !
- Si, c’est vrai !…

Alicia Lorétan