par Natacha et Daisy


 


 

- Oui, j’ai presque terminé, annonça Sophie à sa mère. Elle referma sa valise.
Elle emmenait sa peluche qui semblait avoir un regard attristé, comme si elle partageait sa peine.

Sophie arriva à la gare en voiture. En pénétrant dans le train, elle rata une marche et s’étala aux pieds d’un contrôleur. Elle s’excusa puis s’assit dans un compartiment non-fumeurs. Une petite fille avait pris place en face d’elle. Comme elle n’arrêtait pas de lui faire des grimaces, Sophie changea de place.
Ca faisait deux heures qu’elle voyageait. Voici enfin le quai qui approchait. Sophie sortit.

Tout à coup, elle sentit quelque chose de poilu qui lui chatouilla l'épaule. Elle se retourna et aperçut un singe fort aimable.

Voilà que l’animal commença à bouger et bientôt Sophie ressentit un vide sur ses épaules. Elle fit une rotation de la tête : le singe s’en alla à toute vitesse. Très curieuse, Sophie le suivit. Elle s’arrêta, l’air surpris, devant une colonie de singes accroupis dans les arbres. Ne sachant plus où donner de la tête, elle chercha en vain le singe qu’elle suivait depuis une demi-heure. Un peu étourdie, elle interrogea :

- Petit singe, petit singe, où es-tu ?
- Quel petit singe ? répondit une voix bizarre.
- Qui êtes–vous ? questionna la pauvre Sophie, morte de peur.
- Moi, je m’appelle Tafie, et je n’ai pas la peau blanche comme toi.
- Tafie ! s’exclama Sophie en riant à gorge déployée.
- Qu’est-ce qu’il y a de drôle, pourquoi tu ris ?
- Oh, c’est parce que ma cousine s’appelle aussi Tafie. Tu la connais ?
- Je ne sais pas, il y a tellement de Tafie ici. Quel est son nom de famille ?
- Engoula, Tafie Engoula, est-ce que tu la connais ?
- Oui, c’est moi ! ! ! s’exclama Tafie toute joyeuse de revoir sa cousine à qui elle n’avait pas rendu visite depuis longtemps.
- Ah ! C’est toi, désolée, se justifia Sophie. Je ne t’avais pas reconnue.
Folles de joie, les cousines entrèrent chez Tafie qui s’exclama :
- Comme tu es belle Sophie, surtout avec tes cheveux blonds.
- Moi, répliqua Sophie, j’aime bien tes yeux bleu clair.
- Est-ce que tu veux boire quelque chose ?
- Oui, volontiers mais quoi ?
- Il y a du lait de noix de coco, du thé froid à la mangue et du sirop aux fruits de la passion.
- J’aimerais bien goûter du thé froid mangue, s’il te plaît.
- Ton voyage s’est bien passé ?
- Oui, c’est super ! J’ai rencontré un petit singe très mignon. En plus, il avait un collier avec des dents de crocodile comme le tien.
- C’est sûrement le mien, il adore jouer dans la savane.
Tafie proposa à Sophie d’aller le retrouver :
-Tu veux bien venir avec moi le chercher ?
- Oui, avec plaisir.

Sophie et Tafie partirent ensemble dans la jungle. Elles se promenèrent sur un chemin qui était interdit. Ce chemin était truffé de pièges dangereux placés par des braconniers.

Elles avançaient pas à pas et tombèrent dans un piège qui menait à une grotte. Tafie qui était très courageuse se releva sans peine. Elle avait les habits maculés de boue et ses longs cheveux emmêlés.

En jetant un coup d’œil aux alentours, elle remarqua que sa cousine n’était pas là. Une ombre passa en coup de vent dans ce lieu obscur. Elle sentit une odeur pestilentielle qui ressemblait à celle des rats morts. Les murs de la grotte étaient humides et le sol boueux.

Tout essoufflée, Tafie s’appuya sur un des murs et toucha quelque chose de gluant : c’était une araignée déchiquetée. Elle trouva tout cela crasseux, mais elle n’eut pas peur.

Elle se mit à courir puis appela sa cousine : « Sophie où es-tu? » Elle s’arrêta et l’aperçut qui était allongée par terre, le visage pâle, des taches de sang sur les mains, telle une tomate. Tafie s’approcha d’elle, lui prit la tête et la posa sur ses genoux. A cet instant-là, Sophie se réveilla et se demanda : « Qu’est- ce qui m’arrive ? » Tafie aida sa cousine à se relever quand tout à coup elles entendirent un cri étouffé comme si on tuait un chat.

Tafie et Sophie se précipitèrent vers l’endroit d’où venait le bruit. Elles ressentirent des fourmis qui leur montaient dans les jambes. Elles eurent une peur bleue et se blottirent dans un coin de la grotte, l’une contre l’autre.

Elles virent alors une lueur jaune qui provenait d’une petite pièce dont la porte était ouverte.
Tafie et Sophie s’approchèrent de cet endroit pestilentiel. Elles discernèrent un braconnier habillé de brun qui venait d’un des couloirs du tunnel. Il portait une cage qui renfermait le singe de Tafie. En voyant son ami le singe, Tafie voulut s’avancer, mais Sophie l’en empêcha, la retenant par le bras. Le braconnier laissa la cage sur une table qui se trouvait au milieu de la pièce et s’en alla par le tunnel. Elles profitèrent pour entrer. Elles regardèrent bien devant elles puis sentirent une brise glacée. Elles remarquèrent une armoire très haute, des objets de valeur, des bagues en or et plein d’autres bijoux.
Après avoir aperçu tous ces objets, elles délivrèrent leur singe, puis essayèrent de s’enfuir à toutes jambes par le ttunnel . Elles perçurent la voix du braconnier qui parlait à quelqu'un. Tafie et Sophie redescendirent le tunnel et se cachèrent dans la grande armoire. Les braconniers arrivèrent et jetèrent un coup d’œil à la cage qui était vide.
- Pauvre imbécile, gros lard, tu ne l’as pas bien fermée! insulta le chef, rouge de colère.
- Pourtant, je l’avais mise sous cadenas.
- Tant pis ! Ce qui est fait est fait, prenons nos bijoux et tous les autres objets de valeur.
Mais ils ne purent emporter la totalité du butin tant il était important. Le braconnier redescendit pour prendre le reste.



Mais quand il ouvrit l’armoire, le singe lui sauta sur la tête: il tomba à la renverse. Sophie et Tafie se sauvèrent par le tunnel. Le braconnier saisit le singe, le fit voler à travers la pièce et poursuivit les filles Les cousines sortirent du tunnel, respirèrent un bon coup et se mirent à courir vers la maison de Tafie. Dehors, il faisait si chaud que les filles transpirèrent à grosses gouttes. Elles pensaient que le singe les suivait.
Mais quand elles se retournèrent, elles ne le virent pas. Tafie ressentit alors un vide dans son cœur. Quant au singe, il était en train de poursuivre le braconnier. Les deux filles décidèrent de retourner chercher leur singe. Elles firent demi-tour et coururent à une vitesse inouïe, la larme à l’œil.
Brusquement, elles virent au loin le braconnier qui avait rejoint le chef et qui discutait avec lui. Elles se cachèrent au plus vite derrière un arbre.
- Qu’est-ce que tu as fait pendant tout ce temps? Je t’ai attendu un long moment, répliqua le chef en faisant signe au braconnier de monter dans la voiture.
Le braconnier, hors d’haleine, fit part de ses nouvelles au chef :
- Il faut les retrouver… dit le chef qui commençait à avoir les mains qui tremblaient de rage. Le braconnier, le souffle coupé, ne répondit rien.

Les filles peu à peu s’approchèrent de la voiture, mais elles marchèrent sur une branche. Le braconnier entendit !
- Elles sont derrière la voiture.
Le chef sentit une odeur désagréable :

- Il n’y a pas qu’elle, je crois… Leur sale singe est aussi là. souffla le chef tout à sa joie ar il était certain de pouvoir vendre à un très bon prix la peau du singe au marché noir.

Sophie, Tafie et le singe se mirent à courir de toutes leurs forces vers la sortie.
Elles savaient bien que les deux hors-la-loi les poursuivaient mais elles couraient si vite qu’ils ne les rattrapèrent pas. Une fois à la maison, elles s’empressèrent de fermer toutes les portes à double tour, de descendre les stores dans toutes les chambres du rez-de-chaussée et de décrocher le téléphone pour appeler la police. A l’instant où elles furent en contact avec un officier, Sophie lui raconta en détail l’histoire. Pendant que Sophie parlait, Tafie voyait les braconniers qui s’approchaient de la maison tandis que le singe se pendait en faisant des galipettes sur les lampes. Cinq minutes plus tard, on entendit une stridente sirène qui se rapprochait de la maison de Tafie. La voiture s’arrêta, des portes claquèrent, des policiers en sortirent avec leurs chiens. Apeurés, les deux braconniers prirent leurs jambes à leur cou. Un policier lâcha aussitôt sa bête qui se jeta âprement sur eux. Le chien déchaîné leur fit une méchante morsure à l’arrière-train avec ses fortes canines. Le policier s’approcha des deux braconniers et leur passa les menottes. Il les emmena à l’intérieur de la voiture. Tafie et Sophie avancèrent vers le véhicule.
Les hors-la-loi menacèrent les filles en leur disant qu’ils se reverraient bien un jour, quand ils sortiraient de la prison.
Mais le policier répliqua qu’ils en avaient assez fait pour mériter la perpétuité !
La voiture démarra, emportant les tristes sires vers leur triste sort.