
- Eh, patate chaude, on allume comment la vidéo ? questionna
Alexandra en rejetant ses longs cheveux bruns derrière sa
tête remplie d’idées.
- Pfff ! Mais tu es nulle! Tu ne sais même pas comment on
enclenche une vidéo? se moqua Vanessa en tortillant ses belles
mèches blondes.
Mais je ne connais pas la tienne ! se défendit Alexandra.
- Tu es bête : ma télé, elle est comme toutes
les autres. Mais on neva pas se bagarrer pour ça ! insista
Vanessa.
En chantant sur un des canapés, les deux filles âgées
de 11 ans s’amusaient comme des folles. Elles avaient de longues
robes noires et leurs cheveux dépassaient de leurs grands
chapeaux pointus.
Il était 22heures et c’était le soir d'Halloween.
- Peux-tu aller chercher le paquet de chips qui est dans le buffet
? supplia Alex.
-Oh non ! J’ai bien trop peur. Allons-y ensemble.

Elles traversèrent le couloir, plongèrent dans la
cuisine, prirent les chips et se rassirent sur le divan protecteur…!
Tout en regardant le film d’horreur qu’elles avaient
loué, Vanessa, très peureuse, serrait contre elle
la photo de son petit ami en continuant à dévorer
des chips.
Alex ne voulait pas en manger car, elles avaient, disait-elle,
un mauvais goût d’ail.
Tout à coup, quelqu’un sonna à la porte. Elles
sursautèrent mais, prenant leur courage à deux mains,
d’un pas mal assuré, elles allèrent ouvrir la
porte. Un inconnu, petit et gros, vêtu de noir se tenait devant
elles. Elles ne lui laissèrent pas le temps de dire ce qu’il
voulait et se dirigèrent dans la cuisine pour y prendre une
pleine poignée de bonbons. Mais quand elles retournèrent
à la porte, il n’y avait plus personne. Alors Vanessa
prit peur et s’inquiéta:
- Où est-il donc passé ?
- Ne t’inquiète pas, la réconforta son amie,
qui était très courageuse, il voulait sûrement
faire une farce.

Le film touchait à sa fin quand soudain, le bruit d’une
porcelaine brisée déchira le silence.
- Qui est-ce ? s’écria Vanessa, terrifiée.
- C’est sûrement les rats dans le grenier, la réconforta
Alex.
Pour se rassurer, Vanessa prit à nouveau la photo de son
petit ami qui se trouvait toujours dans sa poche. Alexandra qui
avait aussi un peu peur, ne voulait pas le montrer à son
amie.
Tout à coup, un autre objet se cassa et les deux jeunes,
plus terrifiées l’une que l’autre, se prirent
dans les bras en se cachant la tête.
- Ce ne sont pas les rats, s’écria Vanessa en tremblant
de toutes ses forces.
- Oui, tu as raison, affirma Alexandra en regardant son amie avec
terreur.
- Tu oses monter dans le grenier ? interrogea Vanessa d’une
petite voix.
-Oui, à condition que tu montes aussi avec moi, supplia
Alex, la jeune fille aux yeux bleus. S’il m’arrive quelque
chose, tu seras là pour m’aider !
- Oh non ! moi je ne monte pas là-haut ! s’exclama
Vanessa.
- De toute façon, si tu ne montes pas avec moi, tu resteras
toute seule ici, reprit Alexandra.
- Ah oui, c’est vrai…., mais alors on ne se sépare
pas, on reste tout le temps ensemble, supplia Vanessa.
Elles reprirent leur souffle puis emportèrent avec elles
une corde, des couteaux et des fourchettes pour se défendre.
Elles commençaient à monter les escaliers quand tout
à coup Vanessa se mit à crier :
- Non, on ne peut pas monter tout de suite, je n’ai pas la
photo dans ma poche.
Vanessa alla chercher la photo qui était restée sur
le canapé du salon puis elle remonta gentiment vers son amie
qui l’attendait.
Pour monter à l’étage des chambres, elles traversèrent
un couloir sombre avant d’arriver devant la porte du grenier.
Elles ouvrirent la porte qui grinça fortement. Elles entrèrent
et montèrent pas à pas les escaliers qui les menaient
dans un lieu sombre.
Arrivées en haut, elles ne virent presque rien, elles laissèrent
donc leurs yeux s’habituer au noir. Elles sentaient la brise
qui venait caresser leurs joues et l’air frais de la nuit
leur faisait du bien.

Soudain, elles aperçurent la porcelaine cassée :
c’était le vase préféré du père
de Vanessa. Toujours pas très rassurée, Alexandra
avança la première, suivie de Vanessa qui la tenait
par la robe tant elle avait peur. Elles progressaient à petits
pas, tâtonnant des pieds et tendant les bras pour ne pas foncer
dans un meuble ou autre chose. Elles finirent par trouver un grand
meuble qui était placé de travers. Alexandra proposa
de le contourner pour découvrir ce qui se trouvait de l’autre
côté. A leur grande surprise, elles touchèrent
une porte que même Vanessa n’avait jamais vue. Celle-ci
était entrouverte et derrière se trouvaient des escaliers
qui descendaient on ne sait où…
cacacacac
Alexandra désirait découvrir ce qui se trouvait en
bas contrairement à Vanessa qui préférait retourner
sur ses pas.
Il fallu, à nouveau, convaincre Vanessa de descendre et
elle finit par accepter. Elles descendirent l’escalier prudemment
mais, ne virent pas la caisse qui se trouvait au fond : Elles trébuchèrent.
L’odeur n’était pas très rassurante :
ça sentait le cadavre et les chaussettes qui n’avaient
pas été changées depuis des mois. Alexandra
proposa de se séparer. Bien sûr, Vanessa ne voulait
pas, car elle avait trop peur. Alexandra lui dit que pour une fois,
elle pouvait faire un effort. Cette dernière finit par accepter.
Alexandra partit vers la gauche. Arrivée à l’angle
du mur, elle marcha sur quelque chose….. En le touchant, elle
reconnut les angles d’un cadre. A l’intérieur
se trouvait une sorte de vitre très froide brisée
vers le milieu. Elle pensa :
- Ce doit être un miroir.
Elle continua son chemin toujours en tâtonnant quand soudain,
elle glissa sur une flaque et se retrouva sur les fesses.
De son côté, Vanessa était sur les genoux,
rampant comme une tortue. Elle arriva devant une espèce de
bois planté à la vertical dans le sol et aussi grand
qu’elle. Des sortes de branches sortaient de ce bout de bois.
Elle fit un bond en arrière et se dit :
- Je suis sûre que c’est un squelette.
Après quelque secondes de réflexion, elle se rassura
en réalisant que ce n’était qu’un portemanteau.
Elle continua à avancer tout en tâtonnant des pieds
et des mains. Soudain, une de ses mains toucha quelque chose de
dur. Elle retira très vite sa main et pensa :
-Qu’est-ce que c’est encore.. ?
Elle remit une main vers la chose dure puis s’aida de son
autre main. C’était une grande caisse en bois. Immédiatement,
Vanessa pensa à un cercueil. Mais elle réfléchit
et se dit :
- Un cercueil dans une maison ! Je suis bête : ce n’est
qu’une armoire qui a dû tomber…
Puis, elle continua à avancer et elle aussi glissa sur ce
qu’elle crut être du sang. Et quelqu’un lui posa
la main sur son épaule….
Elle se figea d’horreur avant de découvrir que cette
personne n’était autre qu’Alex, sa meilleure
amie qui se marrait et se moquait d’elle !
Ayant enfin terminé son fou rire, Alexandra se tourna vers
Vanessa :
- Qu’est-ce que tu as trouvé de ton côté
? dit-elle en essuyant ses fesses mouillées.
- Un portemanteau et un gros meuble. Et toi?
- Il y avait un miroir brisé. As-tu aussi glissé
sur cette flaque-là au milieu ?
- Oui, mais c’est quoi ? C’est dégoûtant
!
- On va voir ce que c’est ?
- Mais si c’est du sang ? s’inquiéta Vanessa
en se mordant les doigts.
- On n’a rien besoin de faire, mais c’est juste pour
voir.
Alors qu’elles étaient en train de s’accroupir,
elles entendirent des pas inquiétants derrière elles.
-Tu as entendu ce bruit ? questionna Vanessa terrifiée.
-Oui, tu crois que c’est un voleur ?
Soudain, à côté d’elle, il y eut un bruit
étrange suivi d’un cri horrible et interminable qui
la glaça de terreur. Elle se mit alors à appeler :
- Vanessa! Vanessa! qu’est-ce que c’est ?
Celle-ci ne répondit plus.
Un frisson glacé parcourut sa colonne vertébrale
puis Alex cria à nouveau :
-Vanesse.... où es-tu ?
Toujours pas de réponse. Alors Alexandra paniqua et se mit
à pleurer:
- Vanessa, où es-tu ? Vanessa, c’est pas marrant !
J’ai peur, j’ai très peur ! s’écria-t-elle
en pensant que ce n’était qu’une simple blague.
Soudain, elle entendit au loin, un cri étouffé qui
ressemblait vaguement à celui de Vanessa. Alors Alexandra
se mit à hurler à son tour. Son cœur battait
la chamade comme un tambour.
- Vanessa, où es-tu ? Est-ce que tu m’entends ? dit-elle
d’une toute petite voix.
Mais toujours aucune réponse. Alexandra se dit alors :
- Je suis vraiment nulle, pourquoi je ne l’ai pas surveillée
d’un oeil ? Maintenant, je ne sais même pas où
elle est, et en plus, elle n’est pas courageuse du tout !
Et moi, je ne fais pas la maligne non plus. Je donnerais tout pour
revenir sur le divan !
Soudain, un silence angoissant régna. On n’entendait
plus que la respiration haletante d’Alexandra comme si elle
venait de courir un cent mètre.
L’atmosphère était fraîche et humide.
On ne percevait que la pluie qui résonnait contre les parois
de la maison. Alexandra ne bougeait plus, ne parlait plus. Elle
regardait de tous ses yeux pour essayer de définir ce qui
s’était passé.
Après réflexion, elle décida de chercher là
où elle se trouvait exactement. Puisque Vanessa avait disparu
alors qu’elle se trouvait à côté d’elle,
c’était là qu’il fallait chercher. Elle
tâtonna par terre afin de trouver une bosse, ou un petit trou
ou autre chose d’inattendu ! Effectivement, en peu de temps,
elle trouva, au début du mur une brique plus rugueuse que
les autres. Elles l’enfonça et un compartiment s’ouvrit.
Elle pénétra dedans et entendit à nouveau un
petit cri étouffé. Elle dégoulinait de partout.
Ses mains étaient tellement mouillées qu’elles
glissaient sur le sol. Soudain, elle sentit quelque chose de mou
et de vivant. Effrayée, elle se mit à crier :
- Vanessa ! C’est toi !
Elle entendit encore une fois un hurlement étouffé.
C’était bien son amie. Elle la débarrassa de
cette grosse corde qui l’entourait et de ce bâillon
qui l’ empêchait de parler.
- Qu’est-ce qui t’est arrivé ? J’ai la
trouille ! s’écria Alexandra, toujours paniquée.
- Je crois que c’est le voleur qui m’a attrapée
et qui m’a jetée là !
- Mais tu n’as pas une lampe de poche ?
- Oui, elle est dans ma chambre. Viens, on va la chercher !
Elles repartirent vers les escaliers qui menaient au grenier, puis
elles redescendirent jusque dans la chambre de Vanessa.
- Regarde si elle est dans la commode et moi, je regarde si elle
est dans l’armoire, déclara Vanessa d’une voix
très stressée.
-Je l'ai trouvée ! s’écria Alexandra, elle
était dans ce tiroir. Et il y en a encore une autre. Chouette
!
Elles repartirent dans la pièce mystérieuse. Elles
allumèrent leurs lampes de poche et découvrirent enfin
la pièce éclairée. Soudain, elles aperçurent
une silhouette noire : c’était le voleur !

- Viens ici, sale banane ! hurla Vanessa, tu n’as rien à
faire de mieux que de toujours embêter les gens ?
- Pour une fois que Vanesse a du courage ! pensa Alexandra.
Elles acculèrent le voleur contre l’armoire tombée
par terre et en reculant, il tomba dedans. Il était assommé.
Vanessa et Alexandra le ligotèrent.
Une fois le voleur ligoté, elles le prirent par le col,
le hissèrent au grenier et le tirèrent au bas des
escaliers.
Elles appelèrent la police, puis les parents de Vanessa.
Les parents arrivèrent. Ils étaient très paniqués.
Ils coururent vers les deux jeunes filles, les prirent dans les
bras. Ils n’arrêtaient pas de leur demander si tout
allait bien.
Ensuite arriva la police. Ils saisirent le voleur, comme si c’était
du linge sale. Le commissaire de police s’avança vers
Alexandra et Vanessa tout en les félicitant de leur courage
car c’était le voleur le plus recherché.
Elles furent couronnées reines d’halloween. Tous les
gens du quartier se réunirent autour des deux jeunes filles.
Dès le lendemain, elles firent la une de
tous les journaux. Arrivées à l’ école,
elles furent félicitées par tous leurs amis. Alexandra
et Vanessa furent très émues et fondirent en larmes.
Tout cela en valait bien la peine.